Nass El Ghiwane

Nass El Ghiwane
Nass El Ghiwane : Les Rolling Stones de l'Afrique



Nass El ghiwane ne peuvent être confinés aux personnes qui formaient ce groupe mythique. La pratique des ghiwanes est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables. Ces troubadours, de douars en douars, transmettaient leur savoir par l'entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral.

Considérée comme révolutionnaire ou comme phénomène de société, la formation mythique que Martin Scorsese, le réalisateur americain, a décrite comme les Rolling Stones de l'Afrique continue à produire après presque 30 ans d'existence. Le groupe continue à émouvoir aussi bien les nostalgiques qu'une tranche appréciable des jeunes. Dignité , humilité, talent à l'état brut. Histoire d'un mythe.

Au début des années 60,, un quartier de Casablanca, Hay Mohammadi, haut lieu de la résistance marocaine , enfantera les cinq garcons qui vont révolutionner le champ artistique marocain. Omar Sayed et Boujemâa -dit Boujemiî- habitaient Derb Moulay Cherif, Larbi Batma était issu du kariane Jdid, et cette proximité culturelle et affective a été le ciment de ce groupe. Ils ont débuté leur carrière dans la maison de jeunes du Hay non loin du café Essaâda que Larbi Batma évoque comme le fief de la formation dans son autobiographie "arrahil". Ils rejoigent ensuite la troupe de Tayeb Saddiki et introduisent dans son répertoire dramatique des chansons telle la mythique "qittati Essaghira".


L'idée de créer un groupe a germé dans l'esprit de Larbi Batma et de Boujemiî lors d'une tournée théâtrale en France dans une volonté de perpétuer ce que leurs ancêtres ont transmis de génération en génération. Le premier Show eut lieu à Casablanca dans le restaurant le Nautilus à Ain Diab. Mais la consécration aura lieu au théâtre Mohammed V à Rabat en 1971. Les spectateurs étaient ravis, car emportés par le rythme et enthousiasmés par des textes qui les touchaient directement. Tout le monde sentait cette opposition symbolique entre deux genres de chansons : l'une conventionnelle et statique, l'autre militante et prometteuse. Les nouvelles chansons de Nass El Ghiwane avaient pour titres : "Çiniya", "Ya bani l insân", "Ahl el hal".. Par son approche insolite, le groupe Nass El Ghiwane s'inscrivait d'emblée dans un mouvement de réaction contre la "chanson âsriya" qui languissait dans d'interminables plaintes d'amour et ennuyait par son caractère relativement figé ; et s'attache à créer un ton véhément en parfaite osmose avec les nouveaux textes.

Nass El Ghiwane ne pouvaient soupçonner ce que leur prestation allait réveiller en un public avide de renouveau à l'aube des années 70, années difficiles sur le plan social et politique. Nass El Ghiwane, par leurs habits de scène, par les instruments traditionnels utilisés, et par leur touchante faculté à saisir le malaises ambiants, communièrent avec le public. Ils devinrent par la suite la voix des opprimés, des contestataires étudiants mais aussi d'une certaine intelligentsia de gauche. A une époque où une simple déclaration conduisait au cachot, Nass El Ghiwane dénoncaient via leurs chants les responsables corrompus. Dans le champ culturel, ils ont adopté un rapport non traditionnel avec la tradition et accompli en fait une "rupture épistémologique" comme le souligne le chercheur et passionné du groupe Mokhtar Zagzoule. C'est la raison pour laquelle ils ont eu un public spécifique (ghiwani) au-delà des fans au sens classique du terme.

L'idée était simple : il fallait réquisitionner le patrimoine pour créer des textes portant sur des questions de société. Il fallait ensuite écrire des textes "engagés" en dépassant le cadre local. Sur le plan musical, le groupe composé de cinq garçons s'est révélé rapidement plus efficient qu'un orchestre nombreux et, disons-le, franchement passif. De même, les phrases musicales sont simples et faciles à répéter, car elles se réfèrent à des schémas connus du public. Ils ont fait la synthèse musicale entre le style 'arûbi de Boujmiî et le gnâwi d'Abderrahman Kirouj (dit Paco) ; le tout associé à des rythmes vigoureux invitant à la transe salvatrice, imprégnés d'un souci mélodique certain. Nass El Ghiwane retrouvent ainsi le chemin du mysticisme tragique et révolté, ils développent le souvenir et forcent l'inspiration à partir de la hadra et du hâl, un hâl désacralisé et porté en-dehors de la zaouia vers la scène afin d'embrasser d'autres thèmes sociaux et politiques.



Le processus contradictoire qui, à la fois intègre la musique populaire et s'en démarque a eu pour conséquence l'amalgame des thèmes, des combinaisons rythmiques et mélodiques, et surtout la réunion d'instruments venus de traditions différentes : on n'avait jamais vu auparavant le guenbri gnawi côtoyer le harraz hamdûshi, la tbila des 'Aïssawa, le bendir des chanteurs populaires, et même le banjo ou la mandoline au son métallique. La mélodie puise aussi bien dans le melhoun ou dans le répertoire profane de la campagne que dans les chants des confréries. Cependant, on remarque une nette attirance de Nass El Ghiwane vers les gnaoua (exemple "Ghir khodouni") et les dikr 'aïssawa (exemple "Allah ya moulana"). Le melhoun est surtout sollicité dans les chansons s'inspirant soit d'un personnage populaire (tel Sidi Qaddûr Al Alami), soit d'un thème pouvant être réinterprété dans le présent (A sbhân Allah d'Al-muwaqqit), soit des quatrains du soufi itinérant, Sidi Abderrahmân al-Majdûb. Le dikr 'aïssawi apparaît dans les chants comme "Allah ya mulâna", tandis que le répertoire du village est représenté par "Çiniya", "Hallab", "Sidi Lahmami", etc. Enfin des compositions originales dépassent le cadre local : c'est le cas de "Ya bani l insân" qui est un véritable appel à la fraternité humaine. Le hawzi de "Allam laqbila mât" est à la fois émouvant et élaboré.

Les succès du "genre" Nass El Ghiwane n'était pas limité au Maroc, mais s'étendit au-delà des frontières, notamment dans les pays du Maghreb voisin. De récentes recherches sur le mouvement Rai en Algérie a même démontré l'influence de Nass El Ghiwane dans la naissance de la chanson Rai à Oran. De même,des groupes nés en Tunisie et en Libye ont puisé leurs sources d'inspiration dans le répertoire ghiwanien. (cf. El Mezdaouiya dans les années 80 en Libye).

Dans la décennie 80, on a assisté à l'enlisement progressif de la chanson marocaine façon Nass El Ghiwane. Après une volonté sincère de rénovation musicale, elle s'est répétée, alors que les nouveaux groupes censés dynamiser le paysage musical sont largement en-deçà de leurs aînés du début des années 70. Cette situation est tributaire des mutations sociologiques et démographiques qui ont vite tempéré l'ardeur de la nouvelle chanson et de son public.



Après quelques décennies, le groupe existe encore pourtant que de crises ont jalonné le parcours ! L'une des chansons tire augure de cette situation ("Daqqa tab'â daqqa...", (Coup après coup...) et à trois reprises au moins le groupe a été menacé de dislocation : d'abord à la mort de Boujemaâ (dit Boujmiî) le 26 octobre 1974; ensuite pendant la maladie et la mort de Batma en 1997 et enfin après le départ fracassant de Abderrahman Kirouj la même année. Des premiers Nass El Ghiwane restent les deux vétérans Omar Sayed et Allal Yaâla : Omar le modérateur a acquis suffisamment d'expérience pour sauver le groupe et le remettre à chaque fois sur les rails ; Allal est la force tranquille qui cache un caractère difficile, il est pourtant le musicien averti qui n'hésite pas, quand il le faut, à participer à une joute rythmique; Rachid Batma (le frère de Larbi) a prouvé qu'il n'est pas ici par complaisance mais à cause d'un formidable sens du rythme et pour des qualités vocales certaines ; Rédouane, la dernière recrue, a certes appris à domestiquer le hajhouj, mais il a encore sur les épaules la pesanteur de l'image laissée par Abderrahman Paco. Il est vrai que le groupe se renouvelle autour de Omar et Allal, en tentant une recherche des rythmes et des textes, mais tout le monde est conscient que les choix sont limités car il existe une sonorité Nass El Ghiwane telle une empreinte spécifique mais aussi réductrice ; alors comment se rénover sans la trahir ?


voila le site officile de ce grande groupe
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# Posté le lundi 29 octobre 2007 10:24

Cheb Khaled

Cheb Khaled
C'est à Sidi-El-Houari, un faubourg d'Oran, que Hadj Brahim Khaled pousse ses premiers cris le 29 février 1960. Tout gamin, ce fils de policier se passionne déjà pour la musique en clamant son admiration pour Elvis Presley et Johnny Hallyday. mais aussi pour la musique égyptienne d'Oum Kalthoum ou le reggae de Bob Marley. Il apprend le chant et l'accordéon et débute selon la tradition, en jouant pour les cérémonies de circoncision et les mariages.
A 16 ans, Khaled plaque le collège et enregistre son premier 45 tours : Trig il lici, (la route du lycée), apologie de la drague buissonnière. Il est parmi les premiers à enregistrer sur cassette et tourne dans les cabarets de la côte. Cheb Khaled devient une vedette en Algérie sans jamais passer à la radio : le raï chante les filles et l'alcool et il est interdit d'antenne.
1985. Le raï sort de la clandestinité grâce à une libéralisation du régime qui veut récupèrer le raï et organise le 1er Festival de Raï d'Oran. Tout petit, le jeune Khaled tombe dans la magie musicale et écoute beaucoup de musique marocaine, ainsi que les chanteurs Elvis Presley et Johnny Hallyday. Vers l'âge de sept ou huit ans, il a trouvé sa voie. Mais dans sa famille, personne n'est musicien, hormis son oncle paternel qui joue de l'accordéon. Son père quant à lui n'apprécie pas les incartades de son fils et le corrige quand celui-ci fait les quatre cents coups : à 14 ans, il est renvoyé de l'école pour absences répétées. En effet, à cette période, il chante dans les mariages et les cabarets à l'insu de son père avec son groupe les "Cinq Etoiles".

En 1974, c'est son premier enregistrement sur un magnétophone deux pistes "Trig El Lici", qui sort en 45 tours et passe inlassablement sur les radios. Le public accroche tout de suite. Cheb (le jeune) Khaled comme on le nomme à Oran, ne touche pas un sou de ce succès. Pour gagner sa vie, il est amené à faire divers métiers, garçon de café, cordonnier, etc..

Raï

C'est à la fin des années 70 que le raï se développe en tant que musique urbaine par laquelle les jeunes oranais se sentent attirés. Logiquement, Khaled s'inscrit dans la génération des "chebs" qui accompagnent ce mouvement musical et culturel. Entre le désespoir du blues et une formidable envie de faire la fête, les paroles du raï permettent à Khaled d'exprimer son anticonformisme et son désir de dépasser les tabous ; mais aussi plus prosaïquement, de faire l'apologie de l'amour et de l'alcool.

Dès 76, dans les cabarets oranais, il remplace dans le groupe qui l'accompagne, les violons par des guitares électriques. Le synthétiseur et la boîte à rythmes arrivent en 82. Cet alliage entre la tradition et le modernisme fonctionne à merveille et fait de lui le porte-parole de la jeunesse locale. A dix-sept ans, il a déjà enregistré cinq disques ou plutôt, des cassettes audio. Il devient une star en Algérie, à tel point que la jeunesse dorée, issue de la bourgeoisie FLN, dite "Tchi tchi" adopte sa musique et ses textes qui sont à l'opposé de la morale ambiante.

La période oranaise est marquée par les enregistrements à la va-vite quand l'argent commence à manquer dans les poches du cheb. Les paroles sont souvent improvisées et les cassettes rapidement prêtes pour la diffusion, permettant à certains éditeurs peu scrupuleux de se faire de l'argent au dépend du jeune chanteur. Les cassettes pirates à son effigie sont légion. D'Alger au quartier parisien de Barbès, une centaine d'entre elles circulent sous le manteau.

Mais Khaled reconnaît qu'à l'âge de vingt ans, c'est la France qui le fait rêver. Ce pays représente pour lui le symbole de la liberté, où les amoureux peuvent se promener sans problème main dans la main Ce n'est que six ans plus tard, que son rêve se réalise. Il arrive sur le sol français en 86 et est invité à chanter durant un grand Festival à Bobigny en banlieue parisienne, où se retrouve tout le gratin du raï. Sur scène, il fait forte impression avec sa voix rauque et ample. Il y rencontre celui qui devient son manager, Djilali Ourak. Celui-ci met de l'ordre dans la carrière discographique de Cheb Khaled.

Martin Meissonnier

Dans la foulée de Bobigny, un disque "Hada Raïkoum" (C'est votre loi) est gravé d'après une cassette, chez Horizon Music, label disparu.

Cheb Khaled part ensuite en tournée en France et en Europe. En 88, il enregistre ensuite sous la houlette de Martin Meissonnier, producteur français passionné de "world music", et avec Safy Boutella, musicien algérien, un album intitulé "Kutché", qui est le premier produit ailleurs qu'en Algérie, avec des moyens nettement plus importants. Mais le succès est moyen, les adeptes voyant là une version dénaturée du genre.

Après çà, il entreprend une tournée à travers l'Europe, passant par la Belgique, la Hollande et Londres. Sa carrière internationale commence à prendre son envol car il se produit aussi au Japon, à Tokyo.

Bon vivant et défenseur malgré lui du raï, Khaled décide devant la montée de l'intolérance dans son pays de s'installer en France. En juillet 91, il représente "la chanson francophone" à l'occasion du "World Summer Festival" qui a lieu à Central Park à New York.

Didi

Mais Cheb Khaled devient véritablement le Roi du Raï, un peu après la sortie de son nouvel opus "Khaled" en 1992. Produit à Bruxelles par Michael Brook et à Los Angeles par Don Was, la machine funk-raï se met en route pour une série de succès qui commence par le tube "Didi", premier titre en arabe à entrer dans le Top 50, classement français de référence. Il est aussi en tête des hit-parades en Israël, en Egypte, en Arabie Saoudite et même repris en Inde en langue hindi. Khaled n'en oublie pas moins d'où il vient en rendant hommage dans ce disque à sa ville, Oran, dans "Wahrane". Plus d'un million et demi d'exemplaires sont vendus à travers le monde. Il repart ensuite en tournée internationale durant laquelle de nombreux aficionados maghrébins ou non, se pressent pour voir et écouter la voix du crooner d'Oran.

Khaled, définitivement débarrassé du "cheb", continue à tracer une carrière brillante, en sortant l'album "N'ssi N'ssi", qui constitue aussi en partie la bande originale du film de Bertrand Blier "Un, deux, trois.soleil". L'action se déroule à Marseille et la musique de Khaled participe pour beaucoup à l'ambiance générale du film. Enregistré avec le concours de Don Was, et du jeune arrangeur français, Philippe Eidel, le disque bénéficie également de l'apport des violons du Caire, ceux de la troupe qui accompagnait il y a longtemps, la grande Oum Kalthoum. Pourtant, la notoriété internationale grandissante du chanteur semble l'écarter petit à petit de son pays natal. L'Algérie où l'intégrisme religieux est omniprésent, devient dangereuse pour celui qui prône une manière de vivre très libre.

En 94, récompensé par le monde du cinéma avec le César de la meilleure musique de film, il se produit au milieu de sa tournée internationale au Zénith à Paris les 3 et 4 mars. La location affiche complet. Star incontestée, Khaled donne en définitive ses lettres de noblesse au raï, quitte à éclipser ses collègues chanteurs du même genre.

Brûlant la vie par les deux bouts, véritable amateur de fête, d'alcool et de femmes, Khaled surprend un peu ses admirateurs quand il annonce son mariage avec la belle Samira, d'origine marocaine, qui a lieu le 12 janvier 95.

Idir

En février 95, il obtient la "Victoire de l'artiste-interprète francophone de l'année", décernée par trois mille professionnels de l'industrie musicale et des médias français. Le chanteur la dédie "à tous les jeunes qui font de la culture et de la musique en Algérie". Cette reconnaissance est l'aboutissement de quelques huit cents chansons déposées auprès de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs français).

La perspective de retourner en Algérie semble de plus en plus compromise pour Khaled, qui en général ne mâche pas ses mots quand il s'agit de la situation politique de son pays. Il fonde avec l'autre grand chanteur algérien, Idir l'association "Algérie la vie" et organise un grand concert pour la paix et la libre expression en Algérie, le 22 juin 95 au Zénith à Paris. La salle est comble.

A l'automne 96, c'est le grand retour discographique de Khaled. Un premier simple est mis sur le marché. "Aïcha" écrite par Jean-Jacques Goldman en français, annonce le futur album "Sahra", du nom de sa fille (Sarah) née quelques mois auparavant. Enregistré en France, à Los Angeles et à la Jamaïque, le disque bénéficie de la présence de Rita Marley et des I Threes ainsi que de IAM, donnant ainsi au raï des airs de reggae, ce qu'on savait déjà, et de hip hop. Environ 500.000 exemplaires sont vendus, propulsés sans doute par la Victoire de la Chanson de l'année avec "Aïcha".

En mars 97, il s'installe pour trois jours à l'Olympia à Paris, à guichets fermés et entame une tournée française, puis internationale, triomphale.

Son charisme naturel et son physique avenant intéressent le milieu du cinéma. En 1997, Khaled est sur les écrans avec "100% Arabica", du réalisateur Zemmouri, comédie où il a comme partenaire l'autre représentant doué du raï, Cheb Mami.

Après une grande tournée, on retrouve Khaled pour une soirée exceptionnelle à Paris le 26 septembre 98. En effet, il se produit ce soir-là à Bercy, devant 15.000 spectateurs, en compagnie de ses "confrères" Faudel et Rachid Taha. Ils chantent en solo, en duo et même en trio, les plus grands succès de chacun. L'ambiance dans la salle est surchauffée et le public reprend en chour "Didi" et surtout "Aïcha" dont tout le monde connaît les paroles. Un enregistrement live de la soirée sortira quelques temps plus tard.

La rançon du succès

Au cours de l'été 99, alors qu'il participe à quelques festivals à travers le monde (Festival de jazz de Montréal), Khaled est victime d'un escroc qui prend des engagements pour lui en Israël. L'annonce de ces concerts imaginaires lui vaut des menaces. Il annule donc quelques scènes d'été dont le festival de Cornouailles en Bretagne prévu fin juillet.

Avec l'avènement du Président Bouteflika en Algérie, la situation politique semble se détendre et Khaled envisage un concert en novembre 99 à Alger. Finalement, le projet est abandonné mais le chanteur va quand même dans la capitale algérienne et retrouve son pays le 28 novembre pour régler un problème avec la justice, sa première maison d'édition Zeid El Youm ayant porté plainte contre lui pour atteinte à la propriété intellectuelle et artistique. Khaled est acquitté.

Trois ans après "Sarha", Khaled sort en décembre 99 un nouvel album intitulé "Kenza" ("Mon joyau" en arabe), du nom de sa seconde fille. Parmi ces quinze nouveaux titres, il y a la reprise de "Imagine" de John Lennon en duo avec la chanteuse israélienne Noa. Jean-Jacques Goldman quant à lui, a écrit deux titres en français "Derviche tourneur" et "C'est la nuit" qui devient le premier extrait de l'album. Khaled se tourne aussi vers la salsa (mâtinée de raï) avec "Gouloulha Dji" et la musique électronique avec "E'dir e'sseba". Tout cela fait un ensemble très varié, voire un peu variété, certainement très loin des chansons de ses débuts.

Au cours d'une tournée internationale, Khaled fait un passage au festival Heineken de Sao Paolo au Brésil en avril 2000. Il y rencontre un énorme succès dans ce pays où son album "Didi" s'est écoulé à 200.000 exemplaires. L'été suivant, le 11 août, le père de Khaled décède à Oran. Le chanteur ne peut être présent pour les funérailles mais se rend tout de même auprès de sa famille dans les jours qui suivent.

Retour musical

Début novembre 2000, Khaled donne deux concerts en Tunisie. Puis, après de nombreux projets avortés, il finit par monter sur scène à Alger le 14 novembre, premier spectacle après son départ vers la France en 1986. C'est un événement national même s'il est aussi source de controverses. Devant environ 10.000 fans réunis dans la salle omnisports Harcha, en centre-ville, le chanteur a offert plus de deux heures et demie de musique, de chant et de danse à un public essentiellement jeune, issu des beaux quartiers.

La tournée américaine prévue en septembre 2001 avec l'Egyptien Hakim et l'Iranien Andy est annulée suite aux attentats du 11 septembre. Elle a en revanche lieu du 2 au 24 février 2002 à travers une dizaine de villes américaines. Le 11 mai, il retrouve la chanteuse Noa au Colisée à Rome pour la soirée "Time for life" organisée en faveur de la paix au Proche Orient, devant notamment le ministre israélien des affaires étrangères, Shimon Peres.

Le 17 mai, c'est à Oran qu'il se produit. Son retour dans la ville de ses origines est pour lui source de vives émotions. Outre le côté exceptionnel du concert, c'est le recueillement sur la tombe de son père (il n'avait pas assisté à son enterrement) qui donne un caractère particulier à ce voyage. Lors de sa conférence de presse devant les journalistes algériens, il annonce aussi l'envoi à Universal Music, la multinationale à laquelle appartient sa maison de disques (Barclay), d'une lettre de démission "pour cause de non-compétence mais aussi de complot contre ma carrière".

Il continue à se produire sur scène avec notamment un passage sur la scène du Zénith à Paris lors du festival Latitudes Maghreb le 6 juin. Il invite à cette occasion plusieurs artistes inconnus (Cheb Akil) ou reconnus (Cheb Sahraoui). Il se pose en maître du raï alors que la critique lui conteste de plus en plus sa place. D'aucuns trouvent à cette occasion que la voix du chanteur a perdu de sa puissance. On le dit fatigué. Ses démêlés avec la justice française ne sont sans doute pas étrangers à cet état. En procès pour "abandon de famille" (il serait le père biologique d'un jeune garçon né en juin 95 et qu'il n'a jamais reconnu), Khaled cumule aussi cet affaire avec une autre, mettant cette fois-ci en cause sa femme légitime. Avec cette dernière d'ailleurs, il devient père pour la troisième fois d'une petite fille.

Pendant l'été 2002, il continue ses concerts et se produit dans le monde arabe dont une escale en Jordanie et une autre au Festival de Beiteddine au Liban. Cette tournée est ponctuée de récurrentes critiques, voire d'appels à boycott à son encontre, à cause du concert donné à Rome en mai.

Le crooner oranais

Le raï n'est plus le courant musical porteur qu'il était. Khaled dont la voix semble avec le temps moins ample et forte, tente d'écrire un nouvel album. Après avoir présenté plusieurs maquettes à sa maison de disques Barclay qui les refuse, le chanteur se retrouve chez AZ, autre label du groupe Universal.

Le nouveau disque intitulé "Ya-Rayi" ("Mon opinion") sort donc en septembre 2004. Entièrement en langue arabe, les huit titres sont presque tous produits par Philippe Eidel, avec qui le chanteur a déjà travaillé et avec qui il se sent en confiance. Hormis les titres complètement raï "Ya Galbi" et "El Ghira", le reste est résolument tourné vers le châabi algérois. L'ambiance est donc plutôt rétro et Khaled endosse avec aisance les habits du crooner. Sur le titre "H'Mama", le chanteur a d'ailleurs fait appel à deux légendes, Maurice El Medioni, pianiste juif algérois et Blaoui Houari, chanteur des années 50. Mais Khaled qui a déjà goûté plusieurs fois aux joies du métissage musical, confie un titre à Jacob Desvarieux du groupe Kassav, "Zine Zina", mélange surprenant de zouk et de raï. Sur "Ya-Rai" le premier simple et titre qui a donné son nom à l'album, la production est assurée par l'Américain Don Was avec qui il avait travaillé sur les tubesques "Didi" et "N'ssi n'ssi", espérant ainsi sans doute retrouver les voies du succès.

Star internationale dont la chaleur communicative et le sourire toujours affiché provoquent souvent la sympathie, Khaled est aussi (et peut-être malgré lui), le porte-parole d'une certaine opposition culturelle à l'intolérance.

Site officiel de Cheb KHALED

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# Posté le lundi 29 octobre 2007 10:32

Cheb Mami

Cheb Mami


Cheb Mami, de son vrai nom Mohamed Khelifati, est né le 11 juillet 1966 dans un quartier populaire de Saïda, une petite ville d'Algérie au sud d'Oran.

Le "môme" d'Oran

Admiratif depuis toujours des orchestres féminins, les « meddahates », qui animent les baptêmes et mariages, il devient à son tour animateur de cérémonies dès l'âge de quatorze ans. Puis, pour subvenir aux besoins de sa famille, il travaille dans une usine en tant que soudeur. Sans jamais oublier sa passion pour la musique, il se rend chaque week-end à Oran pour chanter dans les cabarets où l'attend un public de plus en plus nombreux à aimer sa voix au timbre aigu et clair. En 1982, celui que l'on appelle "le môme" ("mami" en arabe, en raison de sa voix suraiguë) remporte le second prix d'un concours à la télévision algérienne en séduisant la majorité des téléspectateurs avec une chanson en Raï, un style musical alors rejeté par le pouvoir algérien. Mais en 1985, le Raï est enfin autorisé par le FLN, ce qui donne lieu au Premier Festival Raï d'Oran, où Mami fait une fois de plus sensation. Repéré par Boualem, le producteur de Disco Maghreb, il enchaîne alors les cassettes. Celles-ci circulent dans tout le pays, et jusque dans les rues de Barbès, à Paris.C'est pourquoi Cheb Mami part tenter sa chance dans la métropole en 1985. Il devient ainsi le premier artiste de raï algérien à s'installer en France et à y enregistrer un disque, ouvrant la voie à d'autres chanteurs comme Khaled, Faudel ou Rachid Taha. Il est également le premier à se produire à l'Olympia en 1986. Contraint de repartir en Algérie pour effectuer ses deux années de service militaire, il continue à transmettre sa passion en animant des spectacles dans les casernes. En 1989, il est le premier chanteur raï à se produire aux Etats-Unis, où il enregistre deux albums, parmi lesquels figure "Saïda", sorti en 1994, qui le révèle réellement. Vendu à 100 000 exemplaires en France, ce troisième opus, dans lequel il chante sa ville natale, reçoit la récompense de double Disque d'Or en Algérie et Disque d'Or au Maroc.

Le mélange des genres

Mami s'affirme désormais comme un artiste complet qui écrit et compose ses chansons. Il aime mélanger les genres, s'inspirant du folklore, du rap et de la dance, en passant par le reggae ou encore le flamenco. Ainsi, il intègre des artistes d'horizons très divers : Imothep du groupe IAM, Tonton David, K-mel d'Alliance Ethnik, Idir le troubadour Kabyle ou le groupe reggae Aswad. L'année suivante, ses mélodies accompagnent le film de Laetitia Masson " En avoir (ou pas) ", et en 1997, le chanteur joue dans le film de Mahmoud Zemmouri, " 100% arabica ", aux cotés de Khaled. Ces expériences de cinéma l'aident peu à peu à perdre sa timidité. Avec les années, le raï, prend de l'ampleur, et le chanteur enchaîne les tournées nationales et internationales. En Algérie, les autorités sont obligées de reconnaître ce style musical qu'elles haïssent tant, et Cheb Mami retourne sur sa terre natale en 1999 pour un concert. Plus de 100 000 personnes viennent assister à ce véritable événement politique. Cosmopolite, il multiplie les échanges pour apporter de nouvelles couleurs au Raï. Ainsi, en 2000, il profite de son amitié avec Sting pour s'ouvrir au marché américain. Cheb Mami participe également à l'album "Opinion sur rue" qui sort en novembre 2003 pour l'association "Un regard, un enfant" en compagnie de Saian Supa Crew, Sinsemilia et d'autres. "Du Nord au sud", sorti l'année suivante, lui permet d'ouvrir encore plus le Raï aux autres cultures, grâce aux participations de Zucchero, Idir, K-Mel, Corneille, Susheela Raman ou encore Ziggy Marley. Cette rencontre donne naissance, en mars de la même année, à un grand concert au Grand Rex

voila le site officile de Chab Mami

# Posté le lundi 29 octobre 2007 11:18